Ce que raconte le livre
Revivez votre enfance à la ferme
. Mars 2008 : sortie du livre "Rougir d'être paysan", récit de deux enfances paysanne et rurales des années 50-70.
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. Dédicaces : dimanche 5 octobre 2008 à Vern-sur-Seiche . Plus de détails...
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L’infirmité de Dédé le contraignait à un déhanchement et à un balancement qui caractérisaient sa silhouette parmi cent. Je le revois portant de lourds seaux d'eau pour abreuver les vaches à l'écurie. Pour éviter que les récipients ne heurtent ses jambes, il adoptait un simple et astucieux système connu de tous les paysans. Il passait autour de son corps un cercle de barrique. Calé contre chaque anse, l’arceau maintenait les seaux à distance et leur évitait de se renverser. Ceux de Dédé, pas toujours ! Il arrivait qu’un pas mal assuré, un nid de poule, une ornière lui fassent perdre l’équilibre. Les seaux accompagnaient la culbute. Le P’tit Dédé pestait contre le mauvais sort : « Ah, bon diou d’bon diou !!!.... ». La bordée de jurons me mettait en alerte et je me précipitais pour savoir ce qui était arrivé au P'tit Dédé. Caché derrière la haie, je l’observais : il tentait, au prix d’efforts, pour lui considérables, de se relever, tout en balayant du regard les alentours car le P’tit Dédé, conscient de son handicap et des moqueries, n’aimait pas qu’on le voie dans cette humiliante situation. Et il reprenait, comme si de rien n’était ses seaux et sa tâche, même si les bottes et le pantalon mouillés trahissaient l’incident.
Cet homme d’une grande bonté était frappé d’une autre malédiction : il bégayait.
Ces ouvriers agricoles étaient, pour moi, de vrais compagnons de mon quotidien. Ils prenaient pied dans ma vie et je partageais la leur. J’aimais ces hommes. Tout simples qu’ils étaient, ils se montraient toujours curieux de ce monde inconnu, inaccessible que je leur esquissais.
Sous l’apparence fruste de ces hommes censés n’avoir à donner que leur force de travail, j’avais débusqué ce que je n’attendais pas d’eux a priori : de la tendresse, de l’affection.
Ils étaient la vie simple, la vie, tout simplement
!
Une des tâches des commis : le foin
L'herbe haute fauchée, le paysan la laisse sécher au grand air et, si la météo est idéale, au soleil. Pour que le séchage soit homogène, il fallait de temps à autre, aérer l'herbe, "faner".
Sans machine, les paysans, aidés des enfants, retournaient et aéraient l'herbe à la fourche. Nous ne l'avons fait ainsi à la main qu'exceptionnellement, notamment dans les prés trop petits
pour les machines. Pour les reste, nous utilisions la faneuse.

La faneuse est une machine dotée, à l'arrière, de fourches montées en quiconce. Les fourches sont mues mécaniquement par la marche de la machine. Les roues font tourner un moyeu qui,
associé à un essieu et un engrenage, actionne la barre sur laquelle sont fixées les fourches.

Le sigle de celle-ci, IH, International Harvester, firme américaine soeur de la société historique, McCormick (fondée en 1834 et disparue sous ce nom en 1968) a signé la mécanisation des
outils agricoles tout au long du 20e siècle.

En cadence, les fouches soulèvent et ventilent l'herbe. Selon la météo, il fallait passer la faneuse deux fois, parfois trois ou quatre.

Le fanage achevé, nous passions la râteleuse.

L'actionnement de la manette entraîne le levage du faisceau de dents.

Le foin rassemblé forme des rangs appelés andains. La ratteleuse est donc une andaineuse. Ce nom n'apparaîtra vraiment qu'avec l'avènement des machines plus modernes.
Les anciens chargeaient le foin dans la charrette et le stockaient en meules au bout du pré ou en tas dans les granges ou dans un coin de la cour de ferme. La mécanisation a amené la
compression du foin en "bottes" avec cette presse...
...puis les machines sans cesse plus performantes ont constitué des "rounds" de plusieurs centaines de kilos qu l'agriculteur hisse dans la remorque avec la fouche de son tracteur.

Le conducteur du tracteur qui a permis cette séquence photo est un homme de la terre par excellence puisqu'il est né lui aussi fils de paysan. Il est plus connu comme un grand marin. Il
s'agit d'Alain Maignan, le postier morbihannais de Plélan-le-le-Grand, qui a fait le tour du monde à la voile en solitaire, sans escale et sans assistance sur un voilier de plaisancier, de 10,20
m en 185 jours, du 7 octobre 2006 au 11 avril 2007, exploit sans précédent. Le voyage a donné lieu à un livre toujours disponible
aux Editions L'ancre de
marine.
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les grands-parents ou ceux des copains et copines ?
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"Rougir d'être paysan" a été publié par les Editions Ouest-France en mars 2008. Il est vendu 15 euros. Trouvez sur le web de l'éditeur les points de vente de votre ville Voir la liste des points de vente...
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