Vendredi 20 novembre 2009
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Revenir à un Salon du Livre pour la deuxième année ? Un risque ! En effet, le livre est une denrée périssable. Tant qu’il est encore sur le devant de la scène, dans les bacs des librairies, il se
remarque. Dès qu’il n’est plus une nouveauté il rejoint, au mieux quand le libraire mise encore sur lui, les rayons, au pire, est tout simplement retiré. Alors, on ne le présente pas, un an plus
tard, dans le même Salon, sans avoir le sentiment d’avoir peut être épuisé le vivier de lecteurs intéressés.
Même si nous avions eu la conviction, l’an dernier, que les 23 récits de “Rougir” n’ont pas de frontières départementales ou régionales, puisque 61 visiteurs avaient dit s’y retrouver et l’avaient
acquis, nous revenions quand même avec le doute: n’allions nous pas faire chou blanc après le succès de l’an dernier ?
Eh ! bien, ces Manceaux et Sarthois sont surprenants. Ils nous ont fait la belle surprise du plaisir renouvelé. En une seule journée, le dimanche, ils furent encore plus nombreux que l’an dernier.
Une fois encore, nous nous sommes plus à deviser avec celles et ceux qui avaient connu le même parcours, la même époque. On participe à un Salon pour donner une tribune à son livre, pour séduire
des lecteurs et donc aussi, pour vendre. Il se révèle que nos salons à nous sont, avant tout, des lieux de partage de vécus communs ou similaires, de ressentis fugaces mais encore vivaces dès qu’on
les éveille, de complicités au détour d’un souvenir exhumé, d’une émotion ravivée.
Cela dit, et c’est le paradoxe des auteurs, la tenue du stand, l’accueil des visiteurs, laissent très peu de temps pour découvrir ses homologues plumitifs et leurs œuvres ; soyons nets, certains ne
le souhaitent tout bonnement pas ; à la Hague, un auteur voisin de notre stand que nous avions salué d’entrée et dont nous avions exploré le livre ne s’est pas, une seule fois, au cours des deux
jours, tourné vers notre stand, n’a pas même feuilleté “Rougir”, alors que nos univers étaient proches ! La gémellité nous donne la chance d’animer notre stand en alternance et donc la liberté de
parcourir, à tour de rôle, d’arpenter les tables des écrivains.
Le hasard, au Mans, nous avait placés à côté d’Eban. Ce Vietnamien d’origine convertit d’un trait alerte, dans un festival de couleurs, l’objet de la demande des visiteurs : une phrase, un prénom,
un nom, un sentiment… Son art a conquis tellement de passants qu’il a terminé sa journée le bras bien fatigué.
Merci à la patronne de la librairie Doucet qui a accepté de nous accueillir, pour la deuxième année, dans son espace. Merci également à la pétillante Marie-Hélène, bénévole d’un week-end au service
de la maison Doucet, qui, entre deux encaissements, tressait auprès des acheteurs postulants des lauriers à “Rougir” dans le but d’emporter leur décision!
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