.Mars 2008 : sortie du livre "Rougir d'être paysan", récit de deux enfances paysanne et rurales des années 50-70.En savoir
plus... .Dédicaces : dimanche 5 octobre 2008à Vern-sur-Seiche.Plus de détails... .Participez à notre grand débat sur l'enfance paysanne dans les années 50-60 encliquant ICI.
Ce monde a disparu. Et pourtant, il colle encore à la peau. Le sort a voulu que les enfants des paysans
des années 60-70 se retrouvent à la charnière de deux époques. C’était le début de la fin des paysans. La suite
Voilà un an et demi que "Rougir d'être paysan" a paru aux Editions Ouest-France. Les ventes -aux alentours de 6000 exemplaires en ce mois de novembre 2009- nous ont rapporté quelques droits
d'auteur. Michel, depuis toujours, a souhaité en verser une bonne part -le reste servant à couvrir les frais de déplacements, salons, hôtel...- à une œuvre sociale ou humanitaire. Il avait pensé à
des associations, mais comment choisir entre l'une ou l'autre ? Joseph plaidait pour un don à la commune de notre prime enfance, Bohal, dans la Morbihan. Pour avoir emprunté une partie du contenu
du livre à cette histoire et à cette mémoire, pour y avoir puisé les portraits des personnages les plus singuliers et marquants, pour avoir relaté les relations d'humanité que nos parents avaient
avec les voisins, les commis agricoles, les marginaux -ceux que, aujourd'hui, on dénommerait SDF-, nous avons convenu que nous devions restituer quelque chose à Bohal, petite commune d'aujourd'hui
700 habitants, 400 "de notre temps", comme disaient les anciens.
Nous avons appelé le maire, André Piquet, et lui avons proposé de verser un chèque au profit du CCAS, le Comité communal d'action sociale. Il nous a suggéré de célébrer ce mini-événement à
l'occasion du déjeuner annuel du Comité. Le 8 novembre, nous avons remis un chèque de 2500 € au responsable du CCAS, Bernard Métayer, par ailleurs petit cousin, en présence d'André Piquet, d'autres
élus, des autres bénévoles du CCAS et de tous les convives du déjeuner dont certains, évidemment, ont connu nos parents et nous-mêmes en culottes courtes !
André Piquet, le camarade de classe de notre enfance
devenu maire de sa commune en 1989
André Piquet est un camarade d'enfance. Avec humour, il a rappelé cette courte histoire commune et il a retracé la "dynastie" des maires Gicquel. Notre père a assuré la fonction
de 1938 à 1961. Avant lui, deux ou trois de nos aïeux avaient ceint l'écharpe et occupé le fauteuil. Pour marquer la qualité relationnelle de notre père dans sa fonction, André Piquet a rappelé que
lors des élections municipales de 1953, il avait rassemblé sur son nom 100 % des suffrages exprimés ! Comme nous le disons dans le livre, le plébiscite avait peut-être une autre raison : 15 jours
avant le scrutin, deux enfants étaient venus agrandir le cercle de famille et, pas n'importe quels enfants : des jumeaux ! Nous !
Laura et Théo,ici, le 8 novembre, à
Bohal,les enfants de Michelet de Marie-Christine, jumeauxeux aussi, par lesquels le livre est né."C'est pas vrai, papa, tu ne vivais pas comme
ça.?",s'étonnaient-ils invariablement lorsque Michel racontait comment il avait vécu son enfance à la ferme et surtout comment, sur les
injonctions du père,il devait sans cesse travailler.Michel a décidé de consigner sa vie dans un documenttestament. En en parlant à Joseph, le récit
individuel s'est mué en un livre à deux regards, deux sensibilités et quatre mains.
Voici le texte-hommage que Michel a lu avant de remettre les 2500 €
« Monsieur le Maire, Messieurs les élus, chers bohalais
La Villiain, La Gage, La Ville Elouais, Trebidjais, La Béraudais, Beujlais, Bel Orient, La Ville Ali, Le Porta [ces noms sont ceux, en patois, des grands hameaux de notre enfance à Bohal]… Tous ces
noms résonnent encore dans nos têtes… Lucien Guimard, Louis Cardin, Albert Pélerin, Marie Pasco, Louise Compagnon, Marie (école), Alphonse Lanoë, Jean Baudoux, André Pitchais, Gustao, Henri Le
Bars, Lucien Chotard, Jean Vieillerobe, Henri Voisin, Baptiste Rétho, etc. Vous nous pardonnerez de ne pas allonger la liste tellement nous avons encore au cœur tous ces gens de Bohal que nous
avons découverts et côtoyés aux côtés de nos parents, Eugène et Anne Marie, elle-même originaire de Saint-Congard, à 15 km, venue s’installer ici après le mariage.
Chers amis bohalais, nous avons goûté ici le plaisir de la campagne, nous avons joui de nos belles années d’enfant, à garder les vaches, à prendre le chemin des écoliers lors de notre retour
d’école par le pont de la Béraudais.
Qui ne se souvient parmi les anciens de ces souvenirs que nous racontons dans notre livre : Qui ne se rappelle le moto- cross sur la butte des P’tits Bouais [Petit Bois en patois] ? qui a oublié
l’abbé Payen avec ses talents d’organisateur, son génie inventif et ses facéties ? Vous souvenez-vous du seul match de catch organisé ici avec ces athlètes qui horrifièrent beaucoup de spectateurs
et firent fuir bon nombre de spectatrices ? Qui ne raconte encore à ses petits enfants les inondations quand la Claie débordait et qu’il nous fallait faire le grand tour pour aller à l’école au
lieu de passer par le petit pont du moulin ? Qui a oublié la dureté du travail à la ferme en même temps que la belle
entente cordiale entre voisins dans les occasions de battage ?
Joseph, mon frère jumeau et moi, avons écrit ce livre pour graver la mémoire d’un monde qui a rapidement -trop rapidement peut être- changé à tel point que mes enfants ici présents ne se
l’imaginaient même pas avoir été vécu ainsi par leurs parents. Ce témoignage a trouvé ses lecteurs et son étoffe dans le patrimoine bohalais et malestroyen. Nous avons voulu en garder la trace non
pas par nostalgie mais parce que nous savons que ne pas regarder le passé c’est s’interdire de bien construire l’avenir. Cette trace, cette mémoire, c’est aussi et surtout vous tous, citoyens
bohalais qui en êtes les dépositaires.
S’il est un fil conducteur au livre que nous avons écrit, c’est sans doute celui de la formidable simplicité de tous ces gens racontée au fil des lignes : celle de nos parents d’abord, celle de
toutes celles et ceux qui nous côtoyaient et qui nous ont fait apprécier ce monde de l’enfance. Il nous a paru de ce fait, légitime que, de la même manière que nos parents nous ont appris à être
attentifs aux gens simples et modestes, de la même manière ils auraient apprécié cette attention que nous portons aux halais: Si nous ne sommes pas devenus célèbres par ce livre - ou pas encore ! -
qu’importe ! Nous gardons au cœur toutes ces belles rencontres qu’il nous a permis de faire. Celle-ci aujourd’hui en est une, elle est particulière et sensible.
André, amis bohalais, parce que nous sommes des enfants de Bohal, nous sommes heureux de te remettre ce chèque de nos droits d’auteur qui servira nous l’espérons à améliorer le sort de ceux
qui auront besoin du soutien de la Mairie et du CCAS.
Deux personnes ont tenu à rendre ce moment encore plus solennel : nos deux sœurs, Marie-Claire et Marie-France, qui ont bien accompagné nos efforts depuis la sortie du livre, se sont jointes à nous ce midi. Nous y associons notre belle-mère qui n’était pas de Bohal mais assumé la tâche
d’épouse et de mère lorsque notre mère est décédée dans un accident de la route.»
A droite, Félix, le toujours jovial marchand de bestiaux,
familier de la ferme qui manifesta, le 8 novembre,
un réel plaisir de nous retrouver... et rappela, forcément !, quelques anecdotes.
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Voilà un an et demi que "Rougir d'être paysan" a paru aux Editions Ouest-France. Les ventes ...
Je ferai mes comentaires un jour lorsque je ne rougirai plus de mon passé de PLOUC, de PAYSANNE, de PAUVRE FILLE. DE MAL AIMEE....J'y arriverai un jour et je pourrai lire entièrement votre livre;
je ne rougirai plus et je sourirai de ce passé
Commentaire n°1
posté par
Marlène C
le 24/01/2010 à 11h44
"Rougir d'être paysan" a été publié par les Editions Ouest-France en mars 2008. Il est vendu
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