"Rougir d'être paysan" était présent au Salon de l'Agriculture. Membres de l'association des Ecrivains et Artistes Paysans, nous avons bénéficié de la présence de son stand au Salon pour participer
à son animation et représenter les auteurs membres, le dernier week-end de la manifestation.
L'an passé, le stand avait été implanté dans l'espace "Services notaires et banques". Il a trouvé, en 2009, la place qui correspond à ses auteurs et à leurs oeuvres : dans l'espace "Animaux" !

Tout à côté des cochons cul noir du Pays basque.

Ils portent parfaitement leur nom. Tous, absolument tous ont l'arrière-train
noir; il nous faudra nous renseigner sur l'aspect génétique de cet implantation pigmentaire systématique.
Le stand présentait les ouvrages de tous les membres de l'association.

Les auteurs pouvaient présenter leur livre et dialoguer avec les visiteurs
de l'arrière des présentoirs.
D'autres défendaient leurs oeuvres en arpentant le pourtour du stand, tel Daniel Esnault, originaire de la Sarthe...
...Il a raconté dans "Goules noires et paysans" la mémoire mêlée de tous les travailleurs d'une fonderie rurale entre 1930 et 1945 et a obtenu le Prix des Ecrivains ruraux 2008.

A tour de rôle, les auteurs présents pouvaient
présenter, décrire et dédicacer leur(s) livre(s) à la table.
Nous avions, pour la circonstance, concocter une affichette d'interpellation en adéquation parfaite avec le Salon...
Cette fois, les visiteurs découvraient le stand par hasard puisque leur motif de venue était bien évidemment, pour la majorité d'entre eux, les animaux. Les passionnés de récits ruraux ont parcouru
les présentoirs, découvert les ouvrages présentés aux tables. Salon national oblige et grande différence avec nos rendez-vous locaux, les futurs lecteurs ont été lorrains, béarnais, berrichons,
picards... Comme toujours, les dédicaces ont été de savoureux moments de rencontre.

Avec la toute jeune Marcia, d'origine canadienne et dont la mère vit en
Bordelais et à qui elle a voulu offrir le récit.

Avec Eric, qui l'acheta spontanément pour revivre sa propre enfance.

Avec Jeanine et Bernard, ravis d'acquérir le livre
comme si nous ravivions leur jeunesse. Avec Guy, qui, en trois phrases, révéla qu'il était marié à la soeur d'un voisin agriculteur distant de 2 km de notre ferme d'adolescence ! Avec la trentaine
d'autres qui emportèrent l'ouvrage, revêtu de la dédicace gémellaire.
Quand nous étions fourbus, nous faisions une pause en jumeaux comme autrefois quand nous partagions le même lit...
Et quand une contrariété nous opposait...
COUP DE COEUR
La table des dédicaces était dominée à son extrémité par une superbe sculpture représentant cinq têtes de chevaux. Cinq gueules élancées tirées d'une souche de noyer. "Tirées", c'est bien le mot
qui convient car l'auteur, membre de l'association, René Prestat, paysan devenu sculpteur, de Chessy-les-Prés (Aube), dit ne jamais savoir ce qu'il va faire de la pièce de bois lorsqu'il la
trouve. Ce n'est qu'en commençant à la dépouiller, la travailler qu'il voit le motif se dessiner. Il faut, en outre, lui rendre hommage par une singularité. Alors que tous les amateurs d'oeuvres
doivent explorer les oeuvres en manchots sous l'injonction du comminatoire "Défense de toucher", René Prestat, lui, appose sur ses créations l'étiquette "Osez me toucher". Une invite tellement
surprenante que des visiteurs nous demandaient : "Pourquoi "Osez me toucher " ?". René peut se rassurer : nous avons convié tous les visiteurs à effleurer, palper le bois, les veines "pour en
sentir toute la sensualité".
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Merci aux bénévoles de l'association qui nous ont accueillis avec la plus grande attention, à Bernadette Rotrou (à gauche) qui se donne sans compter mais tient parfaitement les comptes, à la
présidente, Chantal Olivier, qui s'acharne à faire de l'association le porte-parole des voix paysannes et rurales, l'expression des terroirs, des hommes et des femmes qui les composent.
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