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. Mars 2008 : sortie du livre "Rougir d'être paysan", récit de deux enfances paysanne et rurales des années 50-70. En savoir plus...
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Dédicaces : dimanche 5  octobre 2008 à Vern-sur-Seiche . Plus de détails...
. Participez à notre grand débat sur l'enfance paysanne dans les années 50-60 en cliquant ICI.

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Ce que raconte le livre

Ce monde a disparu. Et pourtant, il colle encore à la peau. Le sort a voulu que les enfants des paysans des années 60-70 se retrouvent à la charnière de deux époques. C’était le début de la fin des paysans. La suite
Lundi 18 mai 2009

Disons le tout net, nous aurions aimé avoir davantage d’auditeurs à la petite soirée que la médiathèque de Missiriac, une commune de 1500 habitants, distante de 5 km de Malestroit, notre commune natale du Morbihan. A quoi faut-il attribuer la petite assistance ? A la désaffection générale constatée par la directrice depuis quelque temps ? Sans doute, aussi, reconnaissons-le, à l’intensité de l’animation que nous avons déployée dans les huit mois de 2008 qui ont suivi la parution de “Rougir” : 2 dédicaces, 1 causerie-dédicace, 1 autre dédicace à Ploërmel, ville voisine de 15 km…


Qu’importe ! Les douze participants enrichirent un peu plus le patrimoine commun du monde paysan des années 60. La honte sourde de l’enfance paysanne, même si, aujourd’hui chacun en a recouvré la fierté. On raconta les travaux difficiles teintés de bonne humeur lors des repas en commun, les “boudins”, les bisous volés et le plus souvent complices, sous la paille avec les filles, lors des battages. Jean Luc se souvint des vagabonds -appelés “bohémiens”- qui passaient de ferme en ferme. Le chef de famille leur offrait volontiers l’hospitalité pour la nuit dans le tas de foin ou le tas de paille après leur avoir confisqué le briquet (par crainte de l’incendie) et le couteau (par crainte des algarades ou bagarres entre chemineaux). Monique fit rire tout le monde aux éclats en rappelant un épisode épique de la figure locale de son hameau. Pour une fois vaincu par un excès de boisson, Lucien dut consulter le médecin. Lucien en sortit estomaqué et rétorqua sitôt sorti du cabinet : « Il veut que je mette désormais moitié eau-moitié vin dans mon verre. Je ne vais tout de même pas boire 12 litres par jour » !



Merci à la médiathèque et aux participants aussi attentifs que prolixes en souvenirs. 

Par Michel et Joseph GICQUEL - Publié dans : Au jour le jour, l'actu du livre
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Lundi 9 mars 2009
"Rougir d'être paysan" était présent au Salon de l'Agriculture. Membres de l'association des Ecrivains et Artistes Paysans, nous avons bénéficié de la présence de son stand au Salon pour participer à son animation et représenter les auteurs membres, le dernier week-end de la manifestation.
L'an passé, le stand avait été implanté dans l'espace "Services notaires et banques". Il a trouvé, en 2009, la place qui correspond à ses auteurs et à leurs oeuvres : dans l'espace "Animaux" !

Tout à côté des cochons cul noir du Pays basque.

Ils portent parfaitement leur nom. Tous, absolument tous ont l'arrière-train noir; il nous faudra nous renseigner sur l'aspect génétique de cet implantation pigmentaire systématique.

Le stand présentait les ouvrages de tous les membres de l'association.
Les auteurs pouvaient présenter leur livre et dialoguer avec les visiteurs de l'arrière des présentoirs.

D'autres défendaient leurs oeuvres en arpentant le pourtour du stand, tel Daniel Esnault, originaire de la Sarthe...

...Il a raconté dans "Goules noires et paysans" la mémoire mêlée de tous les travailleurs d'une fonderie rurale entre 1930 et 1945 et a obtenu le Prix des Ecrivains ruraux 2008.



A tour de rôle, les auteurs présents pouvaient présenter, décrire et dédicacer leur(s) livre(s) à la table.

Nous avions, pour la circonstance, concocter une affichette d'interpellation en adéquation parfaite avec le Salon...

Cette fois, les visiteurs découvraient le stand par hasard puisque leur motif de venue était bien évidemment, pour la majorité d'entre eux, les animaux. Les passionnés de récits ruraux ont parcouru les présentoirs, découvert les ouvrages présentés aux tables. Salon national oblige et grande différence avec nos rendez-vous locaux, les futurs lecteurs ont été lorrains, béarnais, berrichons, picards... Comme toujours, les dédicaces ont été de savoureux moments de rencontre.

Avec la toute jeune Marcia, d'origine canadienne et dont la mère vit en Bordelais et à qui elle a voulu offrir le récit.


Avec Eric, qui l'acheta spontanément pour revivre sa propre enfance.

Avec Jeanine et Bernard, ravis d'acquérir le livre comme si nous ravivions leur jeunesse. Avec Guy, qui, en trois phrases, révéla qu'il était marié à la soeur d'un voisin agriculteur distant de 2 km de notre ferme d'adolescence ! Avec la trentaine d'autres qui emportèrent l'ouvrage, revêtu de la dédicace gémellaire.

Quand nous étions fourbus, nous faisions une pause en jumeaux comme autrefois quand nous partagions le même lit...

Et quand une contrariété nous opposait...

COUP DE COEUR

La table des dédicaces était dominée à son extrémité par une superbe sculpture représentant cinq têtes de chevaux. Cinq gueules élancées tirées d'une souche de noyer. "Tirées", c'est bien le mot qui convient car l'auteur, membre de l'association, René Prestat, paysan devenu sculpteur, de Chessy-les-Prés (Aube), dit ne jamais savoir ce qu'il va faire de la pièce de bois lorsqu'il la trouve. Ce n'est qu'en commençant à la dépouiller, la travailler qu'il voit le motif se dessiner. Il faut, en outre, lui rendre hommage par une singularité. Alors que tous les amateurs d'oeuvres doivent explorer les oeuvres en manchots sous l'injonction du comminatoire "Défense de toucher", René Prestat, lui, appose sur ses créations l'étiquette "Osez me toucher". Une invite tellement surprenante que des visiteurs nous demandaient : "Pourquoi "Osez me toucher " ?". René peut se rassurer : nous avons convié tous les visiteurs à effleurer, palper le bois, les veines "pour en sentir toute la sensualité".

********************

Merci aux bénévoles de l'association qui nous ont accueillis avec la plus grande attention, à Bernadette Rotrou (à gauche) qui se donne sans compter mais tient parfaitement les comptes, à la présidente, Chantal Olivier, qui s'acharne à faire de l'association le porte-parole des voix paysannes et rurales, l'expression des terroirs, des hommes et des femmes qui les composent.



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Par Michel et Joseph GICQUEL - Publié dans : Au jour le jour, l'actu du livre
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Mardi 3 mars 2009
Vendredi 6 février, la Maison de quartier du Ronceray, centre socio culturel de la Poterie à Rennes, nous accueillait pour conférence-causerie publique. Une trentaine d'auditeurs avaient fait le déplacement : toutes et tous aujourd'hui citadins/nes mais quasiment toutes et tous issus de la campagne. La majorité d'entre habitent le quartier environnant. Il faut noter tout de même q'un couple du centre de la ville avait lu dans Ouest-France le minuscule article d'annonce de la soirée et avait tenu à y venir; il s'était même rendu, dans l'après-midi, dans le quartier pour repérer le lieu !
Alors nous avons "causé", échangé, ravivé les souvenirs. La Séquence du spectateur et La Vie des animaux de Frédéric Rossif…furent au programme des émissions de télé revisitées. On évoqua quelques moments forts de la vie des petits paysans : Mireille rappela sa frayeur lorsque le cheval posa le sabot pile ! sur un nid de frelons. On commenta l’entraide entre les paysans, les journées de recrutement des ouvriers agricoles : ils se signalaient par un épi de blé sur leur veste. On rappela aussi le sort des "comédiens", des clochards ou SDF d’alors, pour marquer la différence avec aujourd'hui: à l'époque, la société paysanne locale ne le rejetait pas; mieux, même, elle les intégrait, tant pis s'ils allaient le soir même ou le lendemain boire la paie du jour. Pierre apporta une preuve touchante et comique de cette humanité. Un matin, il en retrouva deux de sa contrée tapis dans le four à pain encore chaud de la fournée de la veille. Quelques-uns exhumèrent les hontes recuites du passé : honte d'être pauvre, différent, honte de ne pas "avoir l’argent", à la différence du fils du boulanger ou du maréchal ferrant.. Louis fit rire tout le monde en rapportant un épisode vécu comme la revanche du paysan sur les citadins. Un "petit camarade de la ville" se fit fort de savoir à quoi pouvait servir le tabouret de traite. Les "petits culs terreux" en doutaient, bien sûr. A raison : ils trouvèrent  le vaniteux dans l’étable en train de tenter de... faire asseoir la vache sur le "tabiot" ! On eut droit à quelques autres beaux moments : montrant au vidéoprojecteur la lame de faucheuse que le père Gicquel apportait en dernier ressort près de la meule pour en affûter les sections (photo), on s'interrogea sur le nombre exact de celles-ci. Un participant coupa court à tout débat : "18 ! claironna-t-il. Je le sais bien, j'ai passé tellement de temps sur la faucheuse à m'ennuyer que j'ai eu bien des fois le temps de les compter".




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Jeudi 26 février 2009
Plongée dans le monde agricole, ce dernier week-end de février. Nous exposons et dédicaçons "Rougir d'être paysan" au Salon de l'Agriculture, Porte de Versailles, à Paris, vendredi 27-02 après-midi, samedi et dimanche, au stand de l'association Ecrviains et Artistes paysans dont nous sommes membres:
Hall 1, allée B, stand 43 (c'est dans l'espace "Elevage et ses filières (bovins, ovins, caprins, porcins, aviculture). Nous avons conçu, pour l'occasion, une affichette très "contextualisée" qui trônera sur la table (pardonnez la mauvaise qualité de la reproduction indépendante de notre talent originel)


 Bienvenue !

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Mardi 24 février 2009

CETTE CONTRIBUTION A ETE MISE EN LIGNE A LA FIN DE 2008. Un ami nivernais, natif de Crux-la-Ville, un village situé à 15 km de Chitry-les-Mines, bourg que les parents de Jules Renard ont rejoint depuis la Mayenne, lorsque le futur écrivain avait deux ans, l'a enrichie.
 
Pour beaucoup de Français, Jules Renard est l'auteur de Poil de carotte, récit d'enfance portant en titre le surnom que lui donna sa mère, et ils le cantonnent à la littérature de jeunesse. Ceux qui ont poussé l'exploration un peu plus loin ont se sont plongés avec délice dans le ravigotant recueil Histoires naturelles.


Peu de Français savent que l'écrivain était un formidable sculpteur de mots et de phrases, un redoutable polémiste. Lors de notre dédicace au rayon librairie de l'hypermarché Cora de Pacé, au nord de Rennes, le hasard a mis à portée de main un petit livre qui recense toutes les phrases de Jules Renard sur les paysans. Né dans la Mayenne, l'auteur de Poil de Carotte a, dès l'âge de deux ans, été transféré dans la Nièvre, à Chitry-les-Mines, petite commune située entre Nevers et Clamecy. Il en fut élu maire en 1899 après avoir été conseiller municipal de Chaumot, autre petite commune voisine. Cette immersion rurale lui permit d'observer avec finesse la condition et les moeurs paysannes.


Une bonne partie de son oeuvre exprime cet enracinement mais c'est dans son Journal, un ouvrage qui atteint 1032 pages dans la collection Bouquins des Editions Robert Laffont, qu'à l'image d'un entomologiste, il en a consignés les traits les plus précis, les plus acérés, parfois injustes, des gens de la terre. Le petit livre florilège de ses saillies s'intitule Jules Renard, Paysans, paysannes. Il est publié par les éditions de L'Amateur, et coûte 15 euros. En voici les meilleures citations.

Les enrichissements de l'ami Michel Geoffroy
La vie n'est ni longue ni courte, elle a des longueurs
La vérité vaut bien qu'on passe quelques années sans la trouver
N'importe quelle idée semble personnelle dès qu'on ne se rappelle plus à qui on l'a empruntée
Rien ne sert de mourir ...il faut mourir à point
Plus poétique : Penser c'est chercher des clairières dans une forêt
Enfin, la meilleure pour la fin : Une fois que ma décision est prise ...j'hésite longuement

Nature paysanne : "Le paysan, c'est un tronc d'arbre qui se déplace"
"Le paysan est un enfant noué. Sa jeunesse s'est immobilisée"
"Ils portent leurs lourdes mains comme de vieux outils"
"Les mâchoires lentes du paysan. Quand il mange, on croirait qu'il pense"
"Philippe n'a eu les larmes aux yeux qu'une fois dans sa vie"
"Leurs rhumes sont des bronchites et l'on est étonné qu'ils ne meurent pas tous les huit jours"
"Quand on cause avec un paysan, on s'aperçoit qu'on ne sait rien, ou que c'est comme si on ne savait rien car on ne peut rien lui apprendre"
"Il ne disent pas "écrire" mais "marquer". Je lui ai marqué ça sur une lettre. C'est bien exact". [Toujours vrai. On entend encore fréquemment : "C'est marqué dans le journal"
La sagesse du paysan, c'est de l'ignorance qui n'ose pas s'exprimer"
"Plutôt que de l'orgueil, ils ont la peur d'être modestes parce que la modestie leur paraît être de la bêtise et ils ne veulent point passer pour bêtes"
"Leur goût du travail, c'est de ne pas pouvoir rester à ne rien faire"
"Si le repos n'est pas encore un peu du travail, c'est tout de suite de l'ennui"
"Les paysans disent : "Y'a tout ce qu'il dans notre pays. Mais il ne leur faut rien
"Le paysan âpre au gain; c'est bien tôt dit : je voudrais vous y voir"
"Ils regardent trop le cimetière, pas assez la mort"
Bonheur : "[Le paysan], en somme, est-il heureux ? Grave question. On peut affirmer, en tous cas, qu'il a l'habitude de ne pas l'être"
Santé : "Il reconnaît que ça ne va pas bien quand il met plus de sept jours à fumer son paquet de tabac"
La campagne : "Devant moi, la campagne est d'un vert que je peux dire multicolore"
Et celle-ci :
"De l'ancienne cuvette des cabinets : -Ca va nous faire une belle terrine, dit Philippe. Elle n'est pas sale, vous l'avez lavée souvent"
Les lecteurs modernes pourraient douter de la véracité de cette phrase. Elle est sans doute vraie. Notre père nous avait rapporté qu'un voisin avait souillé ses draps dans la nuit. Il n'avait pas pour autant envisagé de les changer et avait benoitement dit à sa femme : "Tourne le don' de coteu (Tourne-le donc de côté), j'aime bien la propreteu (propreté)".

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Vendredi 12 décembre 2008

Nous avons été invités à faire figurer "Rougir d'être paysan" parmi les ouvrages du 9e Salon du Roman populaire d'Elven, le 7 décembre 2008. Le jury a élu lauréat du Prix du roman populaire 2008 Didier Cornaille pour son récit "Le vent des libertés soulevait la terre" (Editions Anne Carrière). Effet de la crise ? De l'avis des auteurs habitués et des organisateurs, l'affluence était, cette année, clairsemée. Elven se trouve à 18 km de Malestroit, notre commune d'enfance. Des camarades d'école primaire, de collège, de lycée ont élu domicile dans la région. Nous savions que certains ne manqueraient pas de venir nous saluer. Marie-Aimée dut nous livrer des indices pour qu'on l'identifie, quarante ans après le lycée. Une rencontre savoureuse : "J'avais acheté votre livre et je l'ai beaucoup aimé. Je voudrais que vous le dédicaciez".
Malestroyen d'origine, résidant proche du trou aux "belles ordures", Jean-Yves adolescent et jeune homme suscitait notre admiration par son talent d'auteur-compositeur-interprète. "J'ai fini par abandonner tout cela", a-t-il confié. A tort, selon nous. Il avait déjà acquis et lu "Rougir". Il en a acheté deux exemplaires pour partager son plaisir avec des amis. Un moment fort fut la rencontre avec Annick. Membre d'une famille proche de notre hameau et devenue, par l'entraide, amie, elle a découvert notre présence au salon par le biais de l'annonce publiée dans Ouest-France par notre éditeur. Nous avons actualisé la connaissance du frère et des sœurs qui furent nos camarades de travail, quand les grands chantiers mobilisaient tout le monde, et, parfois, de jeux. Nous avons évoqué les blessures mutuelles. Jean-Claude, le mari, rappela, la nuit d'avant-noce qu'il passa dans notre maison familiale. Monique, petite voisine du hameau le plus proche du nôtre, vint aussi acheter un deuxième exemplaire. "A qui je le dédicace ?", lui demanda-t-on. "A moi", répondit-elle comme pour bien marquer que le livre est aussi sa part d'enfance et de mémoire de notre heureuse cohabitation.
Merci à Annie, la responsable de la manifestation, qui nous a réservé le meilleur accueil et a souhaité que nous venions évoquer le livre avec des lecteurs de la médiathèque. Promesse tenue !
 
Avec notre soeur, Marie-France, "Nicole" dans le livre (pages 154-155) , un de nos plus chalereux et fidèles soutiens à chaque dédicace à laquelle elle peut se joindre. Alors que, pensionnaire dans un juvénat, elle se destinait à la vie religieuse et devait entrer en 1ère, il lui fut demandé de revenir à la ferme pour remplacer notre mère décédée et épauler notre père. Elle fit preuve d'un don et d'une présence admirables. Quarante-quatre ans après, nous disons toujours : "Merci, PMF".

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Vendredi 12 décembre 2008

« Les Bretons du milieu rural sont des taiseux mais des gens forts en émotion ». « J’en ai connu des  gens comme votre papa dans le livre ! Plutôt que de dire ses émotions, on préfère ravaler ses sentiments… », racontait Paule, une bretonne d’adoption, lors d'une rencontre à la Résidence du Clos d’Orrière à Vern-sur-Seiche, près de Rennes.
Ce fut un après-midi dense et riche en émotions. Beaucoup de personnes se sont rappelé l’onglée, avec les engelures et les crevasses, lorsqu’on se retrouvait dans le froid et que l’on tentait de le conjurer en se tapant les mains contre le torse ou les hanches, par exemple. On évoqua le lapin qu’il fallait tuer. Odette se souvint d'une mésaventure. Pour « ne pas avoir tapé assez dur derrière la tête », le lapin détala. Antoinette rappela le passage du marchand de peaux de lapin dans les fermes. Et puis, on se mit à causer de la kermesse et de la Fête-Dieu avec les décorations en papier crêpon, avec les angelots qui portaient les corbeilles de fleurs…Et puis, on eut droit à l'évocation du Tour de France. Jean cita les champions d'avant Bernard Hinault, Jean Gainche, entre autres. Comme dans "Rougir d'être paysan", l’étape du jour était la seule trêve que le père, féru de cyclisme, consentait dans le cours du labeur quotidien…. Autant d’anecdotes et faits de vie revécus qui donnèrent à ces deux heures un petit goût de madeleine de Proust.

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Vendredi 12 décembre 2008
Ceux qui pensent que les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer sont en dehors du monde qui les entourent n’ont sans doute pas vécu suffisamment aux côtés de ces personnes. Tantôt dans un autre monde, tantôt là, présentes, elles ont la particularité de se souvenir du passé lointain.
Nous étions près d’une quarantaine ce mercredi là, dans l’arrière salle du café "Le Scaramouche", à Rennes. Personnes désorientées aux côtés de ceux/celles qui les accompagnent au quotidien ainsi que quelques professionnels, tous s’étaient donné rendez-vous pour un après-midi de plaisir et de bonne humeur. Alors, on a causé, on en a raconté…. !
Les souvenirs ont fusé de toutes parts. Lucienne raconta la guerre entre l’école publique et l’école privée où l’on se castagnait parfois dans le bas du bourg. Jeannette raconta avec une certaine émotion la discrimination vécue entre les fils de riches et de pauvres au collège : ceux qui pouvaient payer la pension pouvaient emprunter la grande porte, les pauvres devaient se contenter de la petite. Un grand éclat de rire accompagna les propos de Justine : elle ne put s’empêcher de raconter comment le linge battu au lavoir était "vrai blanc" et que le lavoir était le lieu de convivialité : « Si vous vouliez avoir des nouvelles, il suffisait d’aller au lavoir », lâcha t-elle avec délectation. On évoqua aussi les "waters" -on ne disait pas encore WC- au fond du jardin : Madeleine raconta la sage précaution de ses parents qui utilisaient le papier journal en guise de papier hygiénique mais non sans avoir découpé auparavant la croix qui ornait la page de garde du quotidien chrétien (La Croix)... Une belle après-midi riche et des échanges libérateurs, parfois de façon surprenante : Jocelyne rapporta que « sa maman n’avait pas causé ainsi depuis bien longtemps »

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Lundi 1 décembre 2008

Ce soir là, ils n’étaient que dix mais quel plaisir de partager avec les membres de Pêle Mêle ! Ce groupe de réflexion vannetais  s’était retrouvé, comme chaque semaine, pour aborder tout sujet qui mérite réflexion et débat. Jean avait invité Michel à échanger  autour du livre.


Les échanges furent passionnants. André évoqua le passé du petit enfant de centre Bretagne qui ne pouvait jouer au ballon avec ses sabots ou celui de l’enfant que l’on fustigeait parce qu’il parlait breton. Symptomatique, le constat de Bernadette qui, employée à la Poste, se souvenait s’être retrouvée avec des paysans qui, le jour de la foire, parlaient, au guichet, un gallo incompréhensible pour elle. On parla aussi des « éteurpous » (coupeurs de lande) payés à la javelle (tas) d’ajonc coupé. Riche encore fut l’échange autour des fils de commerçants ou d’artisans ou autres, tous de catégories sociales modestes, qui vivaient, au final, les mêmes frustrations que les fils et filles de paysans. Paul exprima un constat intéressant. Relevant le sentiment de différence perçu dans les années 70 entre les citadins et les ruraux, il mentionna que ce sentiment était nouveau : « Auparavant, tout le monde était plus ou moins pareil, issu de la campagne». Sauf, bien sûr, l’élite dont les différences étaient marquées et cautionnées par l’Eglise…. Une Eglise à laquelle appartenait le recteur Payen que Charles avait connu et qu’il qualifia, lui, de « vrai homme d’Eglise parce qu’il jugeait ses paroissiens, croyants ou non, sur le même pied d’égalité ».


Une bien belle soirée !


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Samedi 8 novembre 2008

La chaîne de télévision TV Rennes 35 a consacré un joli sujet à "Rougir d'être paysan" dans l'émission Planète Seniors. Cette émission est conçue et préparée par des personnes âgées : les anciens prouvent ainsi qu’ils peuvent demeurer acteurs du monde alors qu’on les considère trop rapidement comme inutiles et incapables. L’émission du 28 octobre relève une nouvelle fois le défi avec Rougir. Notre livre a servi de support à une discussion autour de la ferme des années 60 dans l'enceinte et les pièces de la ferme de l'écomusée de La Bintinais, sur fond d'une large palette de couteaux que les participants et participantes avaient apportés et dont ils montré les usages d'époque. La lecture de plusieurs passages du récit a été ponctuée par l’évocation  de souvenirs et par des questions aux auteurs sur la genèse de l'ouvrage. Merci aux anciens, aux animateurs des maisons de retraite qui les ont accompagnés -dont Yannick Marquet qui a  fait les photos- et à Jérôme Blin qui a filmé et réalisé les 6 minutes d'images et d'échanges.

NB : Planète Seniors  est diffusée en direct sur TV Rennes 35, canal 42 du réseau hertzien et canal 20 de la TNT.

Cliquez TOUT DE SUITE ici pour visionner la séquence avant qu'elle disparaître des archives






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"Rougir d'être paysan" a été publié par les Editions Ouest-France en mars 2008. Il est vendu 15 euros. Trouvez sur le web de l'éditeur les points de vente de votre ville Voir la liste des points de vente... 

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